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Gestion des populations animales

Aucune institution ne peut contribuer seule de manière significative à une quelconque conservation sur le long terme. C’est la raison pour laquelle la Réserve participe activement aux programmes d’élevage européens. Cette collaboration interzoos sert plusieurs buts : éducation vis-à-vis du public ; base pour les appels de fonds ; matériau pour la recherche (biologie, élevage) et, à une plus grande échelle, il s’agit de fournir une banque génétique et démographiques aux populations sauvages. Afin de satisfaire ces buts, les populations doivent être viables sur le long terme. Il leur est donc nécessaire d’être :

• démographiquement stables
• en bonne santé et capable d’un accroissement naturel durable
• réparties en plusieurs institutions afin de diminuer les risques de pertes catastrophiques (épidémies…)
• D’une taille suffisante pour maintenir un niveau élevé de diversité génétique.

 

2.1 Maintenir des populations viables

Les biologistes de la conservation recommandent que les populations ex situ doivent être, pour être viables, d’une taille suffisante pour retenir 90% de la diversité génétique de l’espèce sur 100 ans. La taille nécessaire afin d’atteindre ce but dépend beaucoup des facteurs biologiques propres à chaque espèce (gestation, reproduction…) mais de manière générale, on admet généralement qu’elle doit être de plusieurs centaines d’individus.
Cependant, beaucoup de programmes d’élevage ne peuvent rencontrer les critères généraux de viabilité. Cela peut être dû à un nombre trop restreint d’animaux fondateurs, à une participation trop faible des zoos ou bien à un élevage infructueux.


2.2 Gestion de population ex situ et in situ

L’un des buts premiers des programmes d’élevage pour les espèces menacées est de soutenir activement la conservation ex situ. Cela peut se traduire par la mise en place d’un programme d’élevage pour une espèce courant un danger d’extinction imminent à l’état sauvage ; cela peut se traduire aussi par la recherche, l’éducation, ou le développement d’actions visant à soutenir les populations in situ, ou tout simplement servir de réservoir génétiques pour les populations sauvages.
La seule participation à des programmes d’élevage en captivité ne suffit pas à satisfaire la mission d’un établissement comme celui de Calviac. Le lien entre conservation ex situ et in situ (voir Actions dans la nature - en cours de rédaction) doit être prééminent.


2.3 Choix des espèces (plan de collection)

Note : cette partie est la traduction du mémoire de fin d’études soutenu par Emmanuel Mouton pour le Diplôme en gestion des espèces menacées à l’International Training Centre  du zoo de Jersey (Durrell Wildlife Conservation Trust).


Du fait du nombre grandissant d'espèces menacées, il apparaît important que les zoos concentrent de plus en plus leurs efforts sur les taxons les plus en danger (Durrell, 1976;  Mallinson, 1995).  Il semble de plus en plus faisable qu’une espèce non charismatique puisse devenir ambassadrice de la cause animale et plaire au public dès lors qu’un travail intelligent de communication et de marketing a été effectué en amont (Kaufman, 1991;  Feistner et Mallinson, 2000).  Cependant, plusieurs auteurs, tel Hutchins (1995) avance une autre approche différant du paradigme de l'Arche du Noé (qui constitue à vouloir sauver l'espèce par l’élevage en captivité et la réintroduire à l’état sauvage dans des conditions sécurisées).  Pour Hutchins, la mission de conservation des zoos  ne devrait pas exclure la présentation ou l’élevage de beaucoup de taxons non menacés (et populaires vis-à-vis du public), qui peuvent servir de base à la mission d’éducation ainsi qu’aux appels de fonds pour les projets de conservation. 

Choix des petites espèces

Pour l’établissement d’un plan de collection, Balmford (2000) propose 3 critères visant à rendre aussi effective que possible la contribution des parcs zoologiques à la conservation de la biodiversité. Il démontre que ces établissements devraient s’orienter vers les petites espèces.  Selon Balmford, les zoos devraient concentrer leurs efforts vers : 

1) les espèces qui se reproduisent : les populations captives sont typiquement fondées par relativement peu d'individus, mais la croissance rapide de population réduit ensuite les risques génétiques et démographiques (Ballou et Foose, 1996). 

2) les espèces peu coûteuses à installer et à entretenir : les coûts d'entretien augmentent avec la taille de l'espèce;  ainsi, contrairement à la majeure partie des grandes espèces, la multiplication d'une espèce de petite taille en captivité pourrait être meilleur marché que la conservation in situ (Balmford et al. 1995, 1996). 

3) Les espèces qui peuvent être réintroduites : les espèces faisant face à des dangers relativement réversibles car ces espèces sont les plus enclines à être réintroduites avec succès (Balmford, 2000). 

Des études sur la fréquentation des zoos ont indiqué que les petits mammifères (pour lesquels les enclos et le coût d’entretien sont les moins onéreux) seraient plus populaires qu’on ne le considérait alors (Balmford, 2000). Des présentations imaginatives pour de petites espèces peuvent être très populaires et même accroître sensiblement la fréquentation du public (Yajima, 1991).

Aussi a-t-il été jugé pertinent de suivre les principes de Balmford pour l’établissement d’une stratégie de plan de collection. Il convient aussi d’ajouter que le créateur de la Réserve Zoologique de Calviac éprouve lui-même un très vif intérêt pour les petites espèces.

La Réserve Zoologique de Calviac se concentre donc sur les petites espèces menacées de disparition car :

• Les enclos sont faciles à construire et ne sont pas chers.
• Les coûts d’entretien sont moindres

Par là même, l’efficience de la conservation ex situ permettra de générer des fonds pour la conservation in situ.

 balmford_calviac
Coût relatif des efforts de conservation in situ et ex situ
en fonction de la taille de l’espèce.


Les deux paradigmes

Quelques animaux de taille moyenne, comme le loup à crinière (Chrysocyon brachyurus) seront inclus dans la collection : ils sont menacés et appréciés du grand public.
Néanmoins, des espèces communes seront incluses dans le plan de collection dès lors qu’elles servent la mission éducative de la Réserve. Il en est ainsi par exemple des wallabies de Bennett (Macropus rufogriseus) qui permettent l’étude de la biologie des marsupiaux.

La Réserve Zoologique de Calviac optera tout à la fois pour le paradigme de l’arche de Noé et pour le paradigme de Hutchins, développés ci-dessus, et orientera donc le cœur de sa collection vers les petites espèces menacées de disparition ayant un fort capital de sympathie auprès du grand public. Ainsi le lémur vari noir et blanc (Varecia variegata).

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Les espèces de la Réserve Zoologique de Calviac et les deux paradigmes.


2.4 Thématique géographique : points chauds de la biodiversité

Toujours dans ce même souci d’efficacité, le plan de collection de la Réserve se concentre sur des zones géographiques bien définies. Ainsi, non seulement le visiteur a une représentation cohérente de la faune de chaque région, mais, dans le même temps, la Réserve a une meilleure capacité à gérer ses programmes de conservation in situ, sans risque de se disperser (notamment pour les appels de fonds).
Plusieurs critères ont permis de définir les zones retenues : les études menées par Conservation International et le WWF sont de première importance car elles ont retenu les points chauds de la biodiversité, qui tout à la fois concentrent la plus grande diversité biologique et sont directement menacées : ainsi l’Amérique du Sud, Madagascar, l’Océanie. L’Europe non méditerranéenne, qui est la première zone dans laquelle pénétrera le visiteur, si elle n’est pas inclue dans cette étude, est néanmoins d’une importance cruciale car il est nécessaire de démontrer au public que la conservation n’est pas qu’une lointaine considération propre aux seuls milieux tropicaux.

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Zones d’intervention de la Réserve Zoologique de Calviac : plan de collection et conservation in situ.

 

A terme, le plan de collection s’élargira à l’Asie (Himalaya, îles de la Sonde) et l’Afrique équatoriale.
Chacune de ces régions sera ensuite divisée en biotopes, tant sur le site même de Calviac que par ses liens à la conservation in situ.


Les biotopes :

EUROPE et bassin méditerranéen :
Zones humides / Taïga / Forêts du Sud-ouest / Prairie / Méditerranéen
MADAGASCAR :
Forêt tropicale humide / Bush épineux / Nord de l’Ile
AMERIQUE DU SUD :
Cerrado / Forêt atlantique / Amazonie / Andes
OCÉANIE :
Forêt pluviale de Nouvelle-Guinée / Bush australien
 

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